Comment tester la qualité des substances ?
Cet article a été traduit en français.
Le moyen le plus sûr d’éviter les risques liés aux substances psychoactives est de ne pas en prendre, mais ce n’est pas toujours possible. Les tests de pureté comptent parmi les moyens de réduction des risques les plus efficaces. Plusieurs pays financent des programmes permettant de faire vérifier anonymement la composition d’un produit : l’Autriche, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne et la Suisse, entre autres. Ils visent à améliorer la sécurité en rendant l’analyse possible juste avant la consommation et en rendant visibles les substances les plus dangereuses.
Comme le confirment de nombreux travaux scientifiques (par exemple F. Measham et al) et les rapports de l’Union européenne, la vérification de la composition touche précisément les personnes les plus exposées, celles qui autrement ne demanderaient pas d’aide. Dans cet article, nous passons en revue toutes les méthodes courantes pour tester une substance psychoactive avant de la consommer.
Attention : ni un résultat négatif ni un résultat positif ne garantissent la sécurité, aucune substance n’est sûre à 100 %. Si vous choisissez un comportement à risque, assurez-vous de bien connaître ces risques et de savoir comment les réduire. Nos ressources sont regroupées sur la page Sécurité.
Les méthodes les plus courantes pour vérifier la pureté sont :
- Examen organoleptique
- Solubilité
- Point d’ébullition
- Réactifs colorimétriques
- Bandelettes de test
- UV-Vis (spectroscopie ultraviolet-visible)
- FTIR (spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier)
- TLC (chromatographie sur couche mince)
- GC/MS (chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse)
- LC/MS (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse)
- HPLC (chromatographie liquide haute performance)
- NMR (résonance magnétique nucléaire)
Méthodes d’analyse des substances
Analyse qualitative
- Examen organoleptique
- Solubilité
- Point d’ébullition
- Réactifs colorimétriques
- Bandelettes de test
- TLC (chromatographie sur couche mince)
- FTIR (spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier)
- GC/MS (chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse)
- LC/MS (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse)
- HPLC (chromatographie liquide haute performance)
- NMR (résonance magnétique nucléaire)
Analyse quantitative
- TLC (chromatographie sur couche mince)
- FTIR (spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier)
- UV-Vis (spectroscopie ultraviolet-visible)
- GC/MS (chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse)
- LC/MS (chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse)
- HPLC (chromatographie liquide haute performance)
- NMR (résonance magnétique nucléaire)
Examen organoleptique
L’examen organoleptique est l’évaluation de l’aspect, de l’odeur et du goût. Pour des raisons évidentes, il manque de précision et ne sert qu’à écarter (signaux d’alerte, jamais feu vert).
La technique la plus intéressante de ce type sur le plan scientifique est la cristallographie, l’étude de la structure des substances cristallisées.
Caractéristiques de l’examen organoleptique :
- Faible précision
- Coût faible
- Simplicité
- Risque d’erreur élevé
Cristallographie d'amphétamine coupée
La façon la plus courante d’évaluer la qualité de substances comme l’amphétamine, la MDMA, le cannabis et d’autres consiste à les regarder et à les sentir. Y goûter n’est pas recommandé, à cause du risque d’interaction pharmacologique. Si un échantillon a un aspect ou une odeur inattendus, cela indique déjà, sans analyse plus poussée, qu’il ne convient pas à la consommation.
Exemples de signaux d’alerte :
- Particules de formes variées
- Cristaux de couleurs variées
- Odeur forte et inattendue
- Absence des caractéristiques attendues, par exemple une matière végétale qui ne ressemble pas à des fleurs de cannabis
Bien entendu, un aspect et une odeur conformes n’indiquent PAS que l’échantillon est sûr.
Solubilité
Le test de solubilité compare le comportement d’un échantillon aux données de la littérature scientifique, par exemple swgdrug.org. Cette méthode manque elle aussi de précision et ne sert qu’à écarter (signaux d’alerte, jamais feu vert).
- Faible précision
- Coût faible
- Simplicité
- Risque d’erreur élevé
- Peut aider à purifier la substance
Vérifier la solubilité d'une substance
Connaître les paramètres de solubilité de la substance attendue permet de repérer certaines impuretés. La caféine en est un bon exemple, adultérant fréquent des poudres. L’amphétamine, la MDMA ou la cocaïne se dissolvent assez bien dans le méthanol. En revanche, dissoudre 1 gramme de caféine demande pas moins de 75 ml de méthanol. Vous pouvez donc essayer de dissoudre un échantillon (40 mg) dans 1 ml de méthanol : s’il en reste une partie non dissoute, cela signale une impureté. Cette méthode repère les impuretés plus qu’elle ne les nomme.
Une technique particulièrement intéressante liée à la solubilité est l’extraction dite A/B (acide/base). En ajoutant un acide ou une base, on fait passer la substance sous forme base libre ou sel, ce qui change du même coup sa solubilité et permet de filtrer les impuretés indésirables.
Point d’ébullition
Le test du point d’ébullition consiste à chauffer une substance et à observer le moment où elle se met à bouillir. En comparant avec les données de la littérature scientifique, par exemple swgdrug.org, on peut repérer des composants inattendus.
Caractéristiques du test du point d’ébullition :
- Faible précision
- Coût faible
- Relativement simple
- Risque d’erreur élevé
Vérifier le point d'ébullition
Bandelettes de test
Les bandelettes de test, conçues au départ pour l’urine, servent aussi à vérifier une substance avant de la consommer. Elles contiennent des anticorps extrêmement sensibles et permettent d’écarter, par oui ou par non, la présence de substances comme le fentanyl.
Cette méthode manque elle aussi de précision et ne sert qu’à écarter (signaux d’alerte, jamais feu vert).
Caractéristiques des bandelettes :
- Précision limitée
- Coût faible
- Faciles à utiliser
- Résultat rapide
Bandelettes de test fentanyl
Les bandelettes immuno-enzymatiques sont des dispositifs de diagnostic servant à détecter et à quantifier certaines substances dans un échantillon, souvent dans des liquides biologiques comme le sang, l’urine ou la salive. On les utilise largement en diagnostic médical, pour les tests de drogues, les tests de grossesse et bien d’autres usages. Elles servent aussi en contexte médico-légal et en réduction des risques, pour analyser une substance avant consommation.
Réactifs colorimétriques
Les réactifs colorimétriques sont de simples réactifs chimiques qui changent de couleur selon la substance ajoutée.
Cette méthode sert elle aussi à écarter (signaux d’alerte, jamais feu vert).
Caractéristiques des réactifs colorimétriques :
- Précision limitée
- Coût faible
- Faciles à utiliser
- Résultat rapide
Résultats d'un test réactif pour la cocaïne
Les réactifs colorimétriques sont des produits chimiques liquides ou cristallins qui changent de couleur selon la substance avec laquelle ils entrent en contact. Comme il existe beaucoup plus de substances que de couleurs primaires, il est essentiel d’utiliser des jeux de réactifs différents : l’identification de la substance attendue y gagne en précision et une partie des adultérants est écartée.Avec des réactifs réunis en kits pensés pour cela, comme ceux de PRO Test, et plus encore associés à la TLC ou aux bandelettes fentanyl, on obtient des résultats fiables à la maison.
Il existe des réactifs colorimétriques dits semi-quantitatifs pour estimer la concentration. L’interprétation de leurs résultats reste toutefois très subjective et peu fiable. Le catalogue PRO Test comprend des réactifs qui, tout en étant des tests qualitatifs, ont un usage semi-quantitatif supplémentaire. Ces tests estiment la concentration de façon relative, c’est-à-dire par rapport à un échantillon ou à une échelle de référence.
Réactifs semi-quantitatifs PRO Test :
- Cannabis (4-AP) : vérifie si l’échantillon contient surtout du CBD ou du THC
- Hofmann : aide à comparer la quantité de LSD
- Zimmermann : aide à comparer la quantité de CBD
Chromatographie sur couche mince (TLC)
La chromatographie sur couche mince sépare un échantillon en les substances qui le composent. Chacune apparaît comme une « tache » distincte. La TLC dit aussi quelque chose de la concentration, car une « tache » plus grande indique souvent une concentration plus élevée.
Caractéristiques de la chromatographie sur couche mince :
- Coût faible par test
- Relativement simple à utiliser
- Détecte le nombre et la quantité de substances
- N’identifie pas les substances
Test TLC des cannabinoïdes
Elle identifie les composants actifs d’une très large gamme de substances, distingue les dérivés d’un même groupe et repère les adultérants les plus courants. Les résultats séparent les substances actives de l’échantillon, mais la pureté ou la concentration ne sont pas toujours déterminables. Pour nommer ce qui a été détecté, il faut y ajouter des réactifs colorimétriques.
La TLC dépend entièrement du « liquide de test » employé pour l’analyse, appelé aussi éluant ou « phase mobile ». Dans certains cas, elle détecte jusqu’aux isomères d’une même substance.
La spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR) est la moins coûteuse des méthodes d’analyse avancées. Elle s’utilise avec peu de formation et sert notamment à getyourdrugstested.com.
Caractéristiques du FTIR :
- appareil relativement coûteux
- dépend souvent d’un abonnement payant à une base de données
- relativement simple à utiliser
- adapté aux échantillons à 1 ou 2 composants
- ne détecte pas les substances sous 5 % de concentration
Appareil FTIR
La spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR) est une technique d’analyse chimique servant à identifier et à doser des composés d’après leur absorption du rayonnement infrarouge. Le FTIR renseigne sur les groupes fonctionnels présents dans l’échantillon, ce qui facilite la détermination des structures moléculaires. On l’apprécie pour sa sensibilité, sa rapidité et la finesse des informations qu’elle donne sur les structures moléculaires, ce qui en fait un outil essentiel de la chimie analytique moderne.
UV-Vis
La spectroscopie ultraviolet-visible est une méthode d’analyse répandue. Comme le FTIR, elle ne détruit pas l’échantillon analysé. On l’emploie souvent avec des méthodes d’identification des substances.
Caractéristiques de l’UV-Vis :
- Appareil relativement coûteux
- Détecte la quantité de substances
- Ne distingue pas les isomères d’une même substance
Appareil UV-Vis
Technique d’analyse employée pour doser des substances non mélangées. Au laboratoire energycontrol-international.org, par exemple, elle sert surtout à l’analyse quantitative de la MDMA/ecstasy, de la 4-MMC/méphédrone, de la 3-MMC/métaphédrone et de la 2-MMC. Elle s’applique aussi à des substances comme la 2C-B/Nexus, la MDA et le 6-APB. C’est une technique quantitative pour les substances dont la dose demande un contrôle plus fin, afin d’obtenir l’effet recherché et de réduire le risque.
L’analyse UV-Vis, ou spectroscopie ultraviolet-visible, est une technique très répandue qui mesure l’absorption de la lumière ultraviolette et visible par une substance. Elle renseigne sur la structure électronique des molécules et permet de doser la concentration d’une substance dans un échantillon. La spectroscopie UV-Vis doit sa diffusion à sa simplicité, sa rapidité et sa sensibilité. C’est un outil précieux en chimie, en biochimie, en sciences de l’environnement et en science des matériaux.
GC/MS
Principale méthode de laboratoire pour l’analyse des substances, souvent utilisée comme criblage afin d’identifier un ou plusieurs composés dans un échantillon.
Caractéristiques du GC/MS :
- Appareil coûteux
- Détecte le type et la quantité de substances
- Distingue plusieurs isomères
- Ne convient pas aux substances sensibles à la chaleur
Appareils GC/MS
Le GC/MS sert à l’analyse qualitative comme quantitative des principales substances : cocaïne, amphétamine, méthamphétamine, sédatifs, kétamine et ses impuretés, entre autres. Il permet d’identifier les NPS (nouvelles substances psychoactives) et de doser la plupart des substances, même en mélange.
Par le temps de rétention, il distingue les isomères de position comme la 4-MMC et la 3-MMC, sauf pour les fluorodérivés (2,3,4-FMA ; 2,4-FA ; 2,3,4-FEA).
LC/MS
Après le GC/MS, le LC/MS est la deuxième méthode de laboratoire la plus employée pour analyser les substances. On y recourt beaucoup pour les substances psychoactives, en particulier le LSD et le fentanyl.
Caractéristiques du LC/MS :
- Appareil coûteux
- Grande précision
- Détecte le type et la quantité de substances
- Ne distingue pas les isomères d’une même substance
- Convient aux substances sensibles à la chaleur
Appareils LC/MS
La chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC/MS) est une méthode d’analyse efficace : l’échantillon est séparé sur une colonne de chromatographie liquide, puis identifié par spectrométrie de masse. Elle sert à analyser des substances très diverses, organiques comme inorganiques.
On apprécie le LC/MS pour sa capacité à doser des composés dans des échantillons de composition chimique complexe, d’où son large usage en recherche biologique, pharmaceutique et environnementale.
HPLC
La chromatographie liquide haute performance (HPLC) est largement considérée comme la meilleure méthode pratique d’analyse des substances. Des organisations comme Energy Control s’en servent pour mesurer la concentration de LSD dans les buvards et les gouttes.
Caractéristiques de l’HPLC :
- Appareil coûteux
- Exactitude très élevée
- Détecte le nombre et la quantité de substances
- Nécessite des échantillons de référence pour identifier
- Convient aux substances sensibles à la chaleur
Appareils HPLC
La chromatographie liquide haute performance (HPLC) est une méthode d’analyse précise, conçue pour séparer et analyser des composés chimiques dans un échantillon liquide. En HPLC, l’échantillon traverse une colonne chromatographique sous très haute pression, ce qui sépare efficacement ses composants.
Ce type de chromatographie donne d’excellents résultats sur les substances organiques : médicaments, acides nucléiques ou composés phénoliques. L’HPLC est très utilisée dans les laboratoires analytiques et industriels pour déterminer avec précision la concentration de différentes substances dans un échantillon.
NMR
La résonance magnétique nucléaire (NMR) est la méthode d’analyse la plus avancée, la plus longue, la plus exigeante et la plus chère. C’est aussi la plus exacte de toutes. Analyser un seul échantillon peut coûter plusieurs milliers d’euros.
Caractéristiques de la NMR :
- Coût d’appareil énorme
- La plus grande exactitude possible
- La plus difficile à utiliser
- Demande souvent une pièce entière
Appareils NMR
L’analyse par résonance magnétique nucléaire (NMR) est une technique puissante et polyvalente pour étudier la structure et le comportement des molécules. Elle donne des informations détaillées sur l’environnement nucléaire de certains atomes au sein d’une molécule, et ouvre ainsi une fenêtre sur les structures moléculaires, leur dynamique et leurs interactions. La NMR est très employée en chimie, en biochimie et dans les domaines voisins.
Côté coûts, les appareils de NMR sont très chers à l’achat, à l’exploitation et à l’entretien. La complexité de la technologie, le besoin d’un aimant puissant et les compétences spécialisées font grimper la facture. S’y ajoutent la préparation des échantillons et le temps d’acquisition et d’analyse des données.
Aussi précieuse et polyvalente soit-elle, la « meilleure » technique dépend de l’objectif de l’analyse et de la nature de l’échantillon. Le prix de la NMR se justifie le plus souvent par ce qu’elle apporte et par la finesse de ce qu’elle révèle des structures et de la dynamique moléculaires.
Résumé
Après cette lecture, vous vous demandez peut-être si l’existence de méthodes sophistiquées comme la NMR ou l’HPLC est un argument contre les plus simples. Non : chaque méthode a sa place. En connaissant leurs limites, on tire beaucoup d’informations d’outils tout simples.
La TLC et les réactifs colorimétriques ne demandent aucune connaissance spécialisée et rendent la vérification de la pureté très abordable. Utilisés selon les recommandations des kits PRO Test, leurs résultats sont fiables. Avec des kits conçus pour cela, vous pouvez largement vous fier au résultat.
Les méthodes simples sont-elles infaillibles ? Bien sûr que non, mais aucun résultat ne garantit la sécurité. Gardez toujours à l’esprit qu’une substance peut contenir un composant nouveau et difficile à détecter. Et n’oublions pas qu’aucune substance n’est sûre à 100 %.
Start testing your substances now:
Aucun résultat de test ne prouve qu’une substance est sûre. Aucune substance n’est sûre à 100 %.Cet article est publié dans un objectif de réduction des risques. Il n’encourage pas la consommation de substances psychoactives et ne remplace pas un avis médical.
